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John Huston


le 05 Aout 1906
 à Nevada, Missouri, USA
Décédé le 28 Aout 1987
 à Middletown, Rhode Island, USA

De son vrai nom :
  John Marcellus Huston
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• Biographie de John Huston

 
Irlandais de coeur, champion de boxe, officier dans la cavalerie mexicaine, peintre, scénariste et acteur, Huston a été tout cela à la fois. Son oeuvre cinématographique lui a donné l'occasion de diriger les plus grands acteurs hollywoodiens, d'Humphrey Bogart à Marilyn Monroe, de Clark Gable à Robert Mitchum, de Katharine Hepburn à Montgomery Clift, sans oublier naturellement son père, Walter Huston, superbe dans " Le Trésor de la Sierra Madre ".

Couronné d'Oscars, Huston a aussi été celui qui a su porter à l'écran de grands auteurs tels que Malcolm Lowry, James Joyce, Carson McCullers, Tennessee Williams, Herman Melville, Arthur Miller et Rudyard Kipling. Ses films sont à son image : impétueux, passionnés, ironiques, exigeants, et volontiers sulfureux.

Durant toute sa vie, durant toute sa carrière, Huston a choisi d’être indépendant, quitte souvent à en payer le prix, mais toujours prêt à se remettre en question, à quitter un studio pour un autre, à passer d’un pays à l’autre, d’un genre cinématographique à un autre. La grande notoriété de son père, tout en lui facilitant son entrée dans l’univers hollywoodien, ne lui donne pas pour autant envie de gravir les uns après les autres les divers stades de l’industrie cinématographique. Son insouciance l’oblige même à quitter Hollywood et à se faire oublier quelque temps en Europe après avoir accidentellement causé la mort de la femme de l’acteur Raul Roulien. On le découvre brièvement scénariste à Londres, dormant le soir à Hyde Park, puis à Paris, où il vit en faisant le portrait des touristes, essentiellement américains. En 1938, il revient à Hollywood et entame une carrière de scénariste : Jezebel (Wyler), Le Mystérieux Docteur Clitterhouse (Litvak), Juarez (Dieterle), La Grande évasion (Walsh), Sergent York (Hawks).

Avec Le faucon maltais , il fait ses débuts de réalisateur. Il est ainsi avec Preston Sturges l’un des premiers scénaristes à passer à la mise en scène. C’est une première consécration puisque le film obtient l’Oscar du meilleur film. Seul ou avec d’autres, crédité ou non au générique, Huston participera à l’écriture de tous ses films.

Pendant la guerre, Huston ne perd pas la main : il tourne trois documentaires où il insiste sur les tragédies humaines provoquées par les opérations militaires.

A son retour, il obtient un nouveau triomphe avec Le trésor de la Sierra Madre superbe western où il dirige son père qui obtiendra un oscar et, de nouveau, Bogart. Huston reprend sa saga fondée sur la thématique de l’échec. Le héros hustonien, malgré l’énergie qu’il déploie, n’atteint pas son but, sauf si le hasard vient l’y aider. Ne faisons pas toutefois de Huston un moraliste désabusé. Ses personnages aiment au fond l’action pour elle-même : qu’importe le résultat. Ce qui compte c’est d’avoir agi.
Cinéaste et scénariste reconnu, Huston aurait pu rester à la Warner Bros., qui était prête à lui renouveler son contrat. Mécontent du fait que Jack Warner ne l’avait pas autorisé à monter une pièce à Broadway et craignant sans doute de devenir l’un des metteurs en scène attitrés de la firme, Huston quitte la Warner. Après s’être associé avec Sam Spiegel, il tourne deux films pour la MGM, Quand la ville dort , l’un de ses chefs d’œuvre, et The Red Badge of Courage d’après Stephen Crane. Ce dernier film sera d’ailleurs mutilé sans aucun mot de Huston déjà sur le tournage de L'Odyssée de l'African Queen .

A cette suite de chefs-d’œuvre se succèdent plusieurs superproductions dont le magnifique Moby Dick , la meilleure adaptation du roman de Melville.

Après avoir le meilleur (Les désaxés , Freud, passions secrètes ,…) et le pire (Le barbare et la geisha , Casino Royale ,…), une troisième période s’ouvre dans la carrière de John Huston, marquée par un renouvellement thématique et esthétique. Il devient le cinéaste des perdants (losers) : Fat City , évocation des boxeurs déchus, retrouve l’inspiration des nouvelles d’Hemingway. L’homme qui voulut être roi est une splendide adaptation de Kipling ; enfin Le Malin offre un témoignage hallucinant sur le pullulement des sectes et des faux prophètes aux Etats-Unis.

C’est le moment qu’il choisit pour publier son autobiographie : An Open Book. Ni Phoebia , ni Annie ne méritent les critiques dont ils furent l’objet. Et qui pouvait mieux porter à l’écran le génie verbal de Malcolm Lowry que John Huston dans Au-dessous du volcan . Son œuvre s’achève avec Les Gens de Dublin , admirable méditation sur la mort, son film le plus émouvant, le plus nostalgique.

S’il n’a pas toujours été compris, c’est qu’il se trouvait à cheval entre la génération des grands maîtres (Ford, Hawks, Wellman, Walsh) et la nouvelle vague des années 50 (Aldrich, Ray) : position inconfortable mais qui lui a permis de résumer près de quarante ans de cinéma américain .

• Quelques infos sur John Huston

 
Fils de Walter Huston, père d'Angelica Huston

• Quelques films de John Huston

 
Tentacules   (1976) (Ned Turner)
  Tentacoli