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Scénariste, producteur et réalisateur lauréat de cinq Oscars, Francis Coppola a remporté sa première statuette à 31 ans pour le scénario de Patton, coécrit avec Edmund H. North. Lauréat de deux Palmes d’Or du Festival de Cannes pour Conversation Secrète et Apocalypse Now , il a été le président du Jury du Festival 1996.
Coppola est l’un des cinéastes les plus respectés de sa génération, de toutes les générations, mais il a connu des échecs cinglants et des douleurs accablantes. Il ne compte plus les Golden Globes, Writers and Directors’ Guild Awards mais il sait aussi ce que c’est que de voir ses rêves réduits à néant. En 1983, il a dû se séparer de Zoetrope, ses studios basés à Hollywood où il espérait propulser le cinéma américain dans un 21ème siècle dynamique et technologique. Les difficultés financières qui suivent l’obligent à “louer” ses talents et à se mettre au service des projets des autres. Pour une âme fière et indépendante, cela signifie diriger des films dans une optique commerciale, films sur lesquels il n’a aucun droit de propriété. Il choisit tout de même des projets qui piquent sa curiosité tout en remboursant ses dettes et en montant en parallèle des affaires pour assurer à sa famille et à lui-même une sécurité financière durable.
Francis Coppola a toujours été un pionnier du développement des nouvelles techniques cinématographiques, notamment le cinéma électronique. Plusieurs des outils qu’il a développés sont devenus des standards de l’industrie cinématographique.
À l’aube du 21ème siècle, ayant relevé ces défis, Coppola fait une nouvelle fois un choix peu orthodoxe : retrouver sa liberté d’expression en retournant à la philosophie de ses premières années, c’est-à-dire réaliser des films à petit budget, loin des studios ultra perfectionnés de Hollywood, avec une équipe réduite et des acteurs passionnés. L'HOMME SANS âGE est le premier de ces projets.
Né le 7 avril 1939 à Detroit, Coppola vient d’une famille d’Italiens du Sud doués pour la musique, qui émigrent à New York au début du 20ème siècle. Son grand-père maternel, Francisco Pennino, compose des chansons et son père, Carmine, est flûtiste et compositeur. Lui-même joue modestement du tuba et de la basse et aurait volontiers embrassé une carrière musicale si une épidémie de polio ne l’avait pas cloué au lit pendant plus d’une année, à l’âge de 9 ans. Pendant qu’il est alité, il se prend de passion pour la bande dessinée, les marionnettes et les ventriloques et se met à tourner de petits films en 8 mm quand il recouvre la santé. Son enthousiasme est quelque peu freiné à l’adolescence car sa famille ne cesse de déménager pour suivre son père dans ses différents emplois. Mais il rencontre bientôt d’autres passionnés au lycée de Great Neck High et à l’université d’Hofstra où sa brillante participation aux activités théâtrales lui vaut la plus haute distinction de l’école, le prix Beckerman. Après avoir obtenu son diplôme en art dramatique en 1959, il s’inscrit à l’UCLA pour suivre des études de troisième cycle en cinéma.
Son instinct infaillible le pousse à se faire engager par Roger Corman chez New World Pictures. Après avoir occupé divers postes sur des films de genre à petit budget, Coppola écrit un scénario d’épouvante, DEMENTIA 13, que Corman lui laisse tourner. C’est à cette époque qu’il rencontre Eleanor Neil qu’il épousera par la suite.
En 1962, le scénario de fin d’études de Coppola, Pilma, Pilma reçoit le Samuel Goldwyn Award à l’UCLA, à la suite de quoi sa carrière de scénariste est lancée. Ses adaptations de Reflet dans un oeil d’or , Propriété Interdite et Paris brûle-t-il ? deviennent des films, faisant de lui un scénariste très demandé. Il rédige aussi un scénario sur George Patton, largement inspiré du livre Patton : Ordeal and Triumph de Ladislas Farago. En 1970, le film PATTON remporte 7 Oscar, dont ceux du Meilleur Film, Meilleur Acteur et Meilleur Scénario que Coppola partage avec Edmund H. North.
Son deuxième film BIG BOY lui sert de sujet de thèse et marque sa première apparition au Festival de Cannes où il connaîtra plus tard le succès, remportant deux Palmes d’or pour CONVERSATION SECRèTE et APOCALYPSE NOW . Il dirige Fred Astaire et Petula Clark dans LA VALLéE DU BONHEUR, adaptée d’une comédie musicale de Broadway puis enchaîne avec un film très personnel LES GENS DE LA PLUIE . À la fin des années 60, Coppola prend deux décisions capitales. Maintenant père de deux enfants, Gian-Carlo et Roman, il déménage avec sa famille à San Francisco où il fonde avec George Lucas une société de production indépendante, American Zoetrope. Les deux premiers films de Lucas, THX 1138 et AMERICAN GRAFFITI sont produits sous l’égide d’American Zoetrope mais la société a des frais de fonctionnement très élevés. C’est pourquoi, en 1970, Coppola se laisse convaincre de diriger un film de gangsters, inspiré du best-seller de Mario Puzo, LE PARRAIN . Ses conflits avec les cadres de la Paramount sont entrés dans la légende. Mais LE PARRAIN fait sensation à sa sortie et la carrière de Coppola prend une nouvelle direction. Le Parrain 2e partie est aussi un succès et lance la mode des suites, qui deviennent à la fois respectables et très profitables. Le Parrain 3e partie , réalisé vingt ans plus tard, ne faillit pas à la tradition.
Entre les deux Parrains, Coppola réalise CONVERSATION SECRèTE dont il a écrit le scénario. C’est un thriller décalé sur un enquêteur qui espionne un couple, et qui traite du thème de la responsabilité. Cela reste l’un de ses films les plus admirés et les plus marquants.
En 1976, Coppola commence le tournage d’APOCALYPSE NOW , fresque sur la guerre du Vietnam qu’il finance lui-même. Tout ce qui pouvait arriver de pire arrive : Martin Sheen, l’acteur principal, a une crise cardiaque ; Marlon Brando arrive sur le tournage avec 30 kilos de trop ; un typhon détruit les décors. Le tournage s’arrête... puis reprend, le budget s’envole vers des sommets jamais atteints, repoussant la sortie du film jusqu’en 1979. APOCALYPSE NOW a un style tellement inhabituel, surtout pour un film de guerre, que les critiques sont partagés. Néanmoins, il fait un nombre d’entrées respectable et au fil des ans, devient un franc succès. APOCALYPSE NOW occupe une place à part dans les annales du cinéma américain et aura une influence capitale sur deux générations de cinéastes à travers le monde. Quand en 2002, Coppola propose un nouveau montage du film avec des scènes additionnelles, Apocalypse Now Redux , les critiques ne tarissent pas d’éloges.
Les années 80 marquent un changement radical dans la carrière ascendante de Coppola. Souhaitant jouir d’une plus grande indépendance, ainsi que d’infrastructures à la pointe de la technologie pour tourner ses films, il achète les General Studios de Hollywood à Las Palmas et les renomme Zoetrope Studios. Il démarre immédiatement la production d’HAMMETT de Wim Wenders, et peu après, celle de COUP DE COEUR , une comédie musicale novatrice. Mais les coûts de production s’envolent et des prises de bec publiques avec les distributeurs déclenchent une avalanche de mauvaise publicité qui aura un effet désastreux sur l’accueil réservé aux deux films. Coppola réalise ensuite deux films sur l’adolescence, qui se déroulent en Oklahoma : OUTSIDERS et RUSTY JAMES . OUTSIDERS connaît un relatif succès commercial qui ne suffira malheureusement pas à renflouer les caisses. Les studios Zoetrope tombent aux mains des créanciers et Coppola repart dans le nord de la Californie.
La deuxième moitié des années 80 est une période de réflexion et de régénération pour Coppola. Après la mort de leur fils aîné, Gian-Carlo, tué dans un accident de bateau, Eleanor et Francis trouvent le réconfort en participant à l’éducation de Gian-Carla, leur petite-fille. Coppola investit encore dans les vignobles et il dirige quatre films. Au début des années 90, il revient sur le devant de la scène. Le Parrain 3e partie obtient 7 nominations aux Oscar, dont celle du Meilleur Réalisateur. DRACULA est nommé 4 fois aux Oscar et remporte ceux des Meilleurs Costumes, Meilleur Montage Son et Meilleur Maquillage. Coppola est embauché pour diriger JACK , produit par Disney et Robin Williams qui ne trouvaient pas de réalisateur. Il avait très envie de travailler avec Robin Williams qu’il qualifie de génie. L'IDéALISTE, avec Matt Damon, lui fait rencontrer une nouvelle génération d’acteurs et lui vaut un beau succès en salles.
Coppola est maintenant prêt à se lancer dans le projet de ses rêves, MÉGALOPOLIS, d’après un scénario original qu’il a lui-même écrit. C’est l’histoire optimiste, voir idéaliste, de la création d’une utopie contemporaine en plein New York, ambitieuse dans son sujet et son envergure. Le projet nécessite des stars et un financement extérieur. Bien que le scénario ne soit pas tout à fait prêt, il a hâte de filmer quelques scènes préliminaires et se rend à Brooklyn avec un caméraman à la fin de l’été 2001 lorsque les Twin Towers sont frappées par une attaque terroriste. “D’un seul coup, le monde était englouti”, se souvient il. Le nouvel ordre des choses exige une réécriture complète du scénario. Il s’y attelle stoïquement sans jamais arriver à un résultat satisfaisant. Il est aussi découragé par l’évolution permanente de l’industrie du cinéma qui relègue la fiction dramatique au petit écran. Coppola est perplexe et hésite sur la direction à prendre quand il lit en 2005 L'Homme sans âge , allégorie mettant en scène un vieux professeur qui retrouve sa jeunesse après avoir été foudroyé. Il retrouve le moral. “Je peux en faire un film” songe-t-il. Et c’est ce qu’il fait.
Francis Coppola a très récemment été le producteur exécutif de DR KINSEY - Parlons sexe ! de Bill Condon, avec Liam Neeson et Laura Linney, et de MARIE ANTOINETTE de Sofia Coppola. Il a récemment terminé L'homme sans âge, qu’il a écrit, réalisé et produit, d’après une nouvelle de Mircea Eliade.
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