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Elmer Bernstein


le 04 Avril 1922
 à New York, New York, USA
Décédé le 18 Aout 2004
 à Ojai, Californie, USA
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• Biographie de Elmer Bernstein

 
Elmer Bernstein est né le 4 avril 1922 à New York, d'un père autrichien et d'une mère ukrainienne émigrés aux Etats-Unis. Attiré dès l'enfance par les arts, il commence les leçons de piano à neuf ans et décide vers douze ans qu’il veut faire carrière dans la musique. Remarqué par Aaron Copland, celui-ci le recommande au pianiste Israel Citkowitz pour parfaire son apprentissage, puis il étudie la composition avec Roger Sessions et Stefan Wolpe. C’est à l'université de New York qu’il obtient une licence d'éducation musicale en 1942 et qu'il découvre la musique de film après la projection de Tous les biens de la terre de William Dieterle. « Je me suis retrouvé dans le cinéma par accident. Je faisais mon service dans l’armée de l’air pendant la seconde guerre mondiale et j’avais été assigné aux services spéciaux pour réaliser des programmes de propagande. Ils voulaient une chanson folk pour chaque spectacle et j’avais été désigné d’office comme arrangeur. Un jour, le type qui était en charge des musiques de fond s’est absenté et je l’ai remplacé. Après la guerre, j’ai travaillé sur un spectacle musical à la radio tandis qu’un vieux copain de l’armée écrivait un livre. Il réussit à vendre les droits à Hollywood et m’avait vendu avec au producteur ! Je me suis retrouvé à Hollywood en 1950 pour composer la musique d’un film intitulé Saturday’s Hero de David Miller. C’était mon premier film. Je pense que le système des studios de l’époque fonctionnait mieux que ce qu’on connaît aujourd’hui, en particulier pour les jeunes. En tant que débutant, il ne fallait pas espérer des films importants immédiatement, mais au moins, vous pouviez pénétrer au coeur du système et y apprendre le métier avec des géants comme Bernard Herrmann, Franz Waxman et Max Steiner.

En 1952, j’ai enchaîné sur un autre film de David Miller, Le masque arraché qui avait une bande originale plutôt inhabituelle pour l’époque. Elle reposait sur un solo d’instruments à vent ! La musique de film de l’époque était alors tournée vers le symphonique, avec de grands orchestres.

La course-poursuite en voiture est accompagnée d’une pièce pour deux pianos et orchestre ce qui, une fois de plus, était peu coutumier de l’époque. Le piano était alors considéré comme un instrument de salon. Toutes ces innovations avaient fini par attirer l’attention. À l’occasion d’une projection, nous avions invité John Green de la MGM, Roy Piesta responsable de la musique à la Paramount et Igor Preminger, un agent bien en place qui était aussi le frère d’Otto… Trois ans plus tard, tandis qu’Otto travaillait à la réalisation de L’homme au bras d’or, Igor s’est souvenu de la musique du Masque arraché et a suggéré à son frère de me rencontrer »

Elmer Bernstein fait à nouveau un choix original : un orchestre de jazz plutôt qu’un orchestre symphonique plus adéquat au personnage principal de junkie (Frank Sinatra) désireux de devenir batteur de jazz à Chicago. Dans L’homme au bras d’or (1955) le jazz est la colonne vertébrale de la musique du film plus encore que pour Un tramway nommé Désir (1951) film précurseur avec sa partition composée par Alex North. Shorty Rogers réunit un big band avec Shelly Manner à la batterie et arrange les séquences jazz avec Bernstein. Pour la première fois dans l’industrie du disque, la musique du film de Preminger et toute sa partition devient un hit, alors qu’auparavant c’était le cas d’une partie du score : le thème d'Autant en emporte le vent ou la chanson du film Le Train sifflera trois fois . Dans un long entretien accordé à Michel Ciment en juillet 1988 (Positif n°390 de juillet - août 1993) Elmer Bernstein ajoute : « Ce fut très gratifiant pour moi, mais cela a créé une mode que je trouve très dommageable, encourageant le producteur à commander des musiques pour qu’elles soient des succès autonomes, et cela a fini par nuire à la musique de film en général. Une partition pour le cinéma doit faire corps avec l’histoire – c’était le cas dans L'homme au bras d'or - elle doit avoir une raison profonde pour se trouver là. Depuis quelque temps, on plaque des musiques populaires sur des films sans nécessité réelle ».

Pour le film suivant, Les dix commandements , Bernstein est engagé à la semaine par Cecil B. DeMille d’abord pour la composition spécifique d’un morceau, « la danse de l’Egyptienne » puis pour seconder Victor Young, gravement malade (collaborateur habituel de DeMille depuis Les tuniques écarlates ). Ce péplum, une superproduction au budget de 14 millions de dollars met à sa disposition 75 000 dollars rien que pour les recherches musicales. Bernstein liste et fait venir des instruments égyptiens de l’époque (flûtes, harpes et diverses percussions), voit comment ils sonnent et se met à concevoir la musique. Selon une conception très « wagnerienne » de De Mille, il compose des thèmes pour chaque personnage, qu’il lui joue d’abord au piano. Le débutant de 34 ans, Bernstein finit le film à la place de Victor Young et relève le défi d’un premier projet majeur qui va l’imposer définitivement à Hollywood.

Il compose ensuite une série de films dirigés par Robert Mulligan et produits par Alan J. Pakula. Projets qu’il suit de bout en bout, de l’écriture du scénario au montage final : Prisonnier de la peur , Les pièges de Broadway , Du silence et des ombres , Une certaine rencontre et Le sillage de la violence .

« J’avais une amitié profonde avec Alan J. Pakula que j’avais connu longtemps auparavant, lorsqu’il était « junior executive » à la Paramount. C’est à cause de ce caractère personnel de nos rapports que j’ai eu davantage de contacts avec lui qu’avec Mulligan, pour la musique de leurs films. Mais ils travaillaient très étroitement ensemble et nous avons eu beaucoup de séances de travail à trois.

Nous avons passé beaucoup de temps à réfléchir et à parler de ce que nous voulions pour ces films. Bob et Alan étaient extrêmement sensibles à la musique, et dans toute ma carrière, ce fût sans doute le rapport professionnel le plus satisfaisant que j’ai eu. Pour Une certaine rencontre, dont la musique se rapprochait du jazz et qui évoquait un musicien, j’ai sans doute écrit ma meilleure chanson, sur des paroles de Johnny Mercer interprétées par Jack Jones ».

La musique country et western utilisée pour Le sillage de la violence colle au personnage de Steve McQueen, chanteur guitariste. Le jazz pour Les pièges de Broadway, s’explique encore par l’histoire du personnage joué par Tony Curtis qui veut devenir saxophoniste à New York. Le cadre de l’action détermine l’utilisation du jazz : pour La rue chaude (Edward Dmytryk 1962) et On n'achète pas les silence (William Wyler 1970) où l’histoire se déroule dans le Sud (pays des Noirs Américains et berceau du jazz), pour Le grand chantage (Alexander Mackendrick 1957) l’énergie du jazz et son élan expriment aussi à merveille la frénésie de la presse et de New York.

Pendant 50 ans, celui qu’on surnomme « Bernstein West » (par opposition au « Bernstein East » : Leonard Bernstein) signera plus de 200 musiques de film, travaillant avec les réalisateurs les plus divers et prestigieux et s’illustrant dans tous les genres cinématographiques hollywoodiens : De Anthony Mann ( Côte 465 : men in war , Du sang dans le désert et Le petit arpent du Bon Dieu ) à Vincente Minnelli ( Comme un torrent ) en passant par John Sturges ( Les 7 mercenaires , La grande évasion , Sur la piste de la grande caravane et Un silencieux au bout du canon ) et Henry Hathaway ( Les 4 fils de Katie Elder et 100 dollars pour un shérif ).

De John Ford ( Frontière chinoise ) et Sidney Pollack ( Les chasseurs de scalps ) à Don Siegel ( Le dernier des géants ) en passant par John Frankenheimer ( Le prisonnier d'Alcatraz et Les parachutistes arrivent ) et George Roy Hill ( Deux copines, un séducteur , Hawaï , Millie et Funny Farm ).

Dans les années 70 et 80, Elmer Bernstein connaît une seconde vie dans sa carrière de compositeur en travaillant avec des réalisateurs de comédies souvent plus jeunes que lui. David Zucker pour la série des Y-a-t-il un pilote dans l'avion ? , Ivan Reitman pour Arrête de ramer, t'es sur le sable , Les Bleus , S.O.S fantômes et L'affaire Chelsea Deardon et John Landis pour American College , Les Blues Brothers , Le loup-garou de Londres , Un Fauteuil pour deux , Drôles d'espions , 3 Amigos , L'embrouille est dans le sac .

• Quelques films de Elmer Bernstein

 
Le Loup-garou de Londres   (1981)  
  An American Werewolf in London