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Rien ne prédisposait le jeune Robert Allen Zimmerman, né en 1941, à devenir, à son corps défendant, le porte-parole de sa génération. À la fin des années cinquante, il découvre la musique country, change son nom en Bob Dylan (en hommage, semble-t-il, au poète irlandais Dylan Thomas) et surtout s'abreuve à l'immense répertoire des folk songs, n'hésitant pas à "emprunter" durablement des centaines de disques à de fins connaisseurs du genre. En quelques mois, il rejoint New York, se mêle aux beatniks de Greenwich Village, et débute en chantant dans des cafés. Très vite, influencé par Kerouac et plus encore par Woody Guthrie, à qui il voue une profonde admiration, le jeune homme de 20 ans révèle des dons de poète et de songwriter fracassants. De 1961 à 1966, Bob Dylan passe brutalement du statut de coqueluche du Newport Folk Festival, jeune chanteur engagé et adulé, à celui de traître à la cause du folk, conspué par un public intransigeant lors de sa tournée européenne, coupable d'avoir électrifié sa guitare acoustique. De la protest song au rock 'n' roll, Dylan se montre insaisissable, refusant les étiquettes et rétif à toute forme de récupération politique, y compris celle de la gauche contestataire.
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