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Joyeux pied-noir né à Oran le 24 novembre 1958 et débarqué en France, comme bon nombre de pieds-noirs, en 1963, Alain Chabat passe son enfance à Massy, en banlieue parisienne. Elève dissipé, il fera le tour d'une bonne dizaine d'établissements entre la sixième et la terminale. Il faut dire que les études et l'autorité, c'est pas le créneau du jeune Alain. Passionné de BD, il veut devenir dessinateur à son tour (et publie d'ailleurs une planche dans le fanzine "Antirouille"), voire même créer une BD à la radio !
Finalement, il se retrouve bien à travailler sur la FM, à Radio Andorre pour être précis, dès 1980. Il fait ensuite quelques piges sur France Inter pour l'émission "L'œil en coin" et se fait finalement engager comme animateur à RMC. Il y fera la rencontre de Pierre Lescure, qui l'entraîne dans son sillage en 1984 pour la création de Canal+. Chabat débutera sur la chaîne cryptée en s'amusant à délirer durant les présentations météo, puis présente "4C+", une émission de clips et de jeux. Avec Chantal Lauby, Bruno Carette et Dominique Farrugia, eux aussi débarqués à Canal, mais par d'autres portes, le voici embarqué dans le vaisseau Libérator pour la série total-intergalactique "Objectif Nul". Une première collaboration à quatre qui va les mener, succès oblige, à former un vrai groupe de comiques nouveau style, les Nuls. "Nulle part ailleurs", l'émission animée par Antoine de Caunes et Philippe Gildas, sera le tremplin idéal à leur humour pipi-caca mâtiné d'un surréalisme de très bon aloi, qui fait soit hurler dans les chaumières, soit se pâmer d'admiration une génération d'ados débarrassés de l'humour à papa. Triomphe à la clé, les Nuls se démultiplient : "Le JTN", "ABCD Nul", "TVN 595" et des dizaines de fausses pubs qui passeront rapidement à la postérité du culte, bref, autant de concepts qui permettent aux Nuls de parader en tête des moteurs de Canal+. Chabat reste immanquablement stoïque, silhouette faussement raide et pince-sans-rire, capable de présenter le JT en porte-jarretelles sans sourciller.
Début 90, le quatuor, devenu trio suite au décès de Bruno Carette, éclate plus ou moins : le cinéma leur fait des appels du pied constants. Chabat se contente pour l'instant d'une apparition clin d'œil en se faisant sauvagement assassiner dans Baby blood. Outre un autre petit rôle dans le film à sketches Les secrets professionnels du docteur Apfelglück, le grand bond en avant vers le 7e art se fera, pour Chabat, au sein, à nouveau, de la meute des Nuls, avec leur premier film, l'hommage rigolo-kitsch au cinéma La cité de la peur. Chabat y est Serge Karamazov, garde du corps de la star du film dans le film (sobrement intitulé Red id dead). Mari de Béatrice Dalle dans A la folie puis de Victoria Abril dans Gazon maudit, où il aime à se promener nu chez lui "parce qu'il fait ce qu'il veut", frère de Serge Hazanavicius dans Delphine 1, Yvan 0, premier film de son compère Dominique Farrugia, Alain Chabat passera finalement lui aussi à la réalisation un an plus tard. Le sujet est à la mesure de l'homme : totalement déjanté ! Chabat tient carrèment le rôle-titre de Didier, un labrador qui, par la grâce d'un coup de baguette magique (ou presque), prend forme humaine, ce qui ne va pas sans ennuyer profondément son propriétaire (joué par Jean-Pierre Bacri). Une comédie non-sensique qui rafle la mise début 1997, ainsi que le César du Meilleur premier film. Contre toute attente, son deuxième tarde à entrer en production : Chabat se contente de faire l'acteur, soit en grand (un flic taciturne dans Le cousin, son premier rôle dit "sérieux", un chauffeur de maître dans Le goût des autres (troisième nomination au César du Meilleur acteur), soit en petit (un curé tatillon dans Trafic d'influence, un spécialiste des pannes sexuelles dans La débandade, ou encore un maître zen, également porté sur la chose dans L'art (délicat) de la séduction) : bref, ça n'arrête plus pour maître Chabat, qui se paye même le luxe de réaliser Bricol' Girls, une vidéo où de jolies filles fort peu vêtues, enseignent l'art de manier la perceuse et le vilebrequin, voire de présenter un jeu rigolo sur Canal+, "Burger Quiz".
D’août 2000 à février 2001, Alain Chabat tourne à Malte, au Maroc et à Paris Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (scénario, réalisation, interprétation et production), un des plus gros succès de l'histoire du cinéma en France. Avec Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, les choses sérieuses reprennent : plus gros budget jamais débloqué pour un film français, cette suite au film de Claude Zidi voit Alain Chabat repasser derrière la caméra et endosser le costume de Jules César.
En 2003, il passe à nouveau derrière la caméra pour RRRrrrr!!! , dont il est également coscénariste et interprète, avec les Robins des Bois.
En 2001 et 2004, Alain Chabat est la voix de Shrek , dans la trilogie de l'ogre vert avec le dernier volet Shrek le Troisième, trois films d'animation des studios DreamWorks. Il est devant la caméra dans CASABLANCA DRIVER de Maurice Barthélemy et ILS SE MARIèRENT ET EURENT BEAUCOUP D'ENFANTS d’Yvan Attal. On le retrouve dans LA SCIENCE DES RêVES de Michel Gondry avec Gael García Bernal, Charlotte Gainsbourg et Miou-Miou, PRêTE-MOI TA MAIN d’Eric Lartigau, qu’il a coécrit et produit, LA PERSONNE AUX DEUX PERSONNES de Nicolas et Bruno, dont il était producteur, 15 ANS ET DEMI de François Desagnat et Thomas Sorriaux.
Avec sa société WAM Films, dirigée par Stéphanie Danan et qui a des bureaux à Los Angeles, il a plusieurs films en développement, dont A LITTLE GAME et une adaptation en chair et en os du MARSUPILAMI, dont il sera scénariste et réalisateur. Tout un programme...
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